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Questions habituelles soulevées par le bilinguisme français/occitan

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Quelques questions habituelles soulevées

par le bilinguisme français/occitan :

L’Occitan, le Gascon, le Patois, Qu’es aquò ?

L’occitan, ou langue d’òc, est une langue romane issue du latin tout comme le Français, l'Espagnol ou l'Italien...etc. Elle est la langue naturelle et historique d’un grand tiers Sud de la France. Elle se décline en 6 variantes : le Limousin, le Provençal, le Languedocien, l’Auvergnat, le Vivaro-Alpin et le Gascon. Le Gascon est donc simplement l’occitan de chez nous. Le mot « patois » a été progressivement imposé par l’Etat et l’école de la troisième République afin de qualifier les langues de France autres que le français et les dévaloriser.

Où se parle le Gascon ?

Le Gascon se parle dans 9 départements (tout ou partie) des régions Aquitaine et Occitanie et son aire de répartition couvre un triangle dont les côtés suivent approximativement la Garonne (de son embouchure à sa source), la chaine des Pyrénées et la côte Atlantique. Il convient de retirer à cet espace la zone bascophone.

L’occitan/le gascon change d’un lieu à l’autre ?

C’est en partie vrai, l’occitan est une langue qui n’a jamais connu d’uniformisation par un état, les accents, les expressions, le vocabulaire… peuvent donc varier d’un lieu à un autre. Néanmoins, ces différences sont une richesse et n’entravent en rien l’intercompréhension. N’oublions pas les remarquables différences d’accent, de vocabulaire, de syntaxe… qui existent en français entre un parler de Lille et un parler de Marseille. Ces différences ne gênent pas la compréhension. L’occitan est en revanche normalisé à l’écrit.

A quoi ça sert d’apprendre l’occitan aujourd’hui ?

L’occitan est notre langue de proximité, elle permet de parler aux anciens dans leur langue maternelle et tisse ainsi du lien entre les générations. L’occitan est partout autour de nous : noms de lieux, noms de familles, syntaxe de notre français régional, expressions… tous ces éléments sont pétris d’occitan. Parler occitan, c’est donc s’offrir les clés de compréhension du territoire qui nous entoure, à la fois dans l’espace et dans le temps (texte de loi, chartes des villes, archives départementales…). C’est aussi et surtout un moyen d’accès aux trésors de la littérature occitane, qui fût rappelons le, la première littérature d’Europe écrite dans une langue romane, et cette dernière a rayonné sur tout le continent par le biais des troubadours. Depuis, cette littérature s’est perpétuée et a semé les contes et légendes de nos régions, avec dans les Landes le célèbre Félix Arnaudin, ou encore de la poésie et des romans avec un autre Landais : Bernard Manciet. L’occitan a d’ailleurs été célébré par un Prix Nobel de littérature décerné à Frederic Mistral pour son roman « Mirelha ». A ce titre, l’occitan est aujourd’hui appris dans une vingtaine d’université à travers le Monde (dont Japon, USA, Allemagne…) en tant que langue constitutive et fondamentale de la civilisation européenne.

Pourquoi faire du bilinguisme plutôt que de l’initiation ?

L’initiation permet de découvrir la langue et la culture locale d’une façon globale et généraliste, sans pour autant pouvoir amener l’enfant à s’exprimer réellement dans la langue. A l’inverse, le bilinguisme propose de faire la moitié des activités scolaires hebdomadaires dans la langue, ce qui augure une acquisition rapide de l’occitan. L’enseignement bilingue permet donc à l’issue du cursus, de donner à l’enfant la chance de pouvoir s’exprimer de façon comparable dans les deux langues, mais aussi de pouvoir tantôt réfléchir dans l’une, tantôt dans l’autre de ces deux langues. Cet objectif est celui demandé par les textes officiels de l’Education Nationale.

Le bilinguisme constitue une surcharge de travail pour l’enfant ?

Faux, le bilinguisme n’ajoute pas une seule minute de travail supplémentaire à l’enfant. Le volume horaire des cours est exactement le même que pour les élèves monolingues. La seule différence est que la moitié des enseignements est dispensée en occitan par le professeur des écoles. Les contenus d’enseignement sont donc rigoureusement les mêmes.

Quels sont les intérêts du bilinguisme précoce ?

Le bilinguisme précoce, donc démarré avant l’âge de 6 ans, permet à l’enfant d’aborder son environnement en 2 réalités linguistiques. Cela a pour effet de l’ouvrir très tôt à la différence. En effet, l’enfant qui comprend dès son jeune âge que 2 mots peuvent désigner un seul et même objet, accepte beaucoup plus facilement qu’il puisse y avoir par exemple plusieurs réponses à une question, ou encore sera plus apte à accepter que les erreurs participent du processus d’apprentissage… Le bilinguisme précoce c’est également offrir à l’enfant des outils cognitifs : Les psycholinguistes savent par exemple que le bilinguisme précoce stimule des zones du cerveau qui vont être utiles à l’enfant dans tous les exercices de logique, en particulier en Mathématiques. Le bilinguisme précoce c’est également dès petit, apprendre à s’ouvrir à des sons qui n’existent pas en français, et qui préparent de fait l’enfant à l’apprentissage des langues étrangères, alors que l'enfant monolingue lui, moins préparé, sera confronté à un processus d'apprentissage plus long. L'enfant bilingue est, par définition, habitué à s'exprimer en deux langues depuis la petite section de maternelle. Le fait de s'exprimer dans une langue étrangère comme l'allemand ou l'anglais lui paraît donc plus naturel, et il ne souffre pas de l'inhibition bien connue chez les monolingues.

Pourquoi du bilinguisme occitan ?

Car en plus d’être la langue de notre territoire et de notre culture, en plus d’être une langue centrale de notre civilisation, l’occitan est aussi et surtout la plus centrale des langues latines, elle constitue donc une passerelle privilégiée vers ses sœurs espagnole, italienne, française, catalane, portugaise, roumaine… D’autre part, l’occitan présente une quantité de sons impressionnante (diphtongues, triphtongues) qui n’existe pas en français, ces sons qui existent par exemple en anglais ou allemand préparent donc l’enfant sans le savoir à leur apprentissage.

Pourquoi pas le bilinguisme français-Anglais ?

Les psycholinguistes s’accordent pour dire unanimement que le bilinguisme français-anglais est moins formateur pour l’enfant que le bilinguisme français-langue de proximité (excepté familles bilingues). En effet, le bilinguisme est d’autant plus profitable à l’enfant qu’il est enraciné dans un contexte culturel porteur : les contes et légendes de chez nous dont raffolent les petits n’ont pas été écrits en Anglais, et les références qui les constituent imbriquent langue et territoire d’ici. Au-delà de cet aspect, notons que les élèves bilingues français-occitan, non seulement apprendront l’anglais qui est aujourd’hui un enseignement obligatoire pour tous, mais l’apprendront plus facilement pour les raisons précédemment exposées. Enfin et selon les mots du professeur Dalgalian (psycholinguiste de renom) : « l’apprentissage des langues régionales ne fera jamais obstacle à l’apprentissage de l’anglais, mais si nous n’y prenons garde, l’apprentissage systématique de l’anglais pour tous, tout de suite, risque de faire barrière à l’apprentissage de toutes les autres langues ».

Clamenç Flouroux

Chargé de mission

Òc-Bi Aquitània

16 rue de Pujols, 47300 Villeneuve sur Lot

06.33.70.12.40

ocbiaquitania@free.fr


Catégorie : Bilinguisme - Questions de parents